Toc Toc Toc
Force est de le constater : ce n'est pas à proprement parler une histoire de temps, ce serait plutôt une histoire d'envie... de manque d'envie... Plus trop envie d'écrire ici, qui s'effeuille, qui s'effrite, et l'étonnement toujours renouvelé de constater, malgré tout, vos passages renouvelés, vos présences silencieuses. Envie de dire adieu, une bonne fois pour toutes ou en attendant autre chose, qui peut savoir? Adieu aux compagnons de route, aux copines entrecroisées, à l'homme de la pluie et aux enfants du beau temps. J'ai aimé ces moments avec vous.
Bilan # 6 - En passant...
Très très vite, car le temps me court après, et si je ralentis, il me rattrape...
# Lu La vie d'une autre, avec le même ennui souvent, je dois l'avouer, que celui éprouvé auparavant à la lecture de La grand-mère de Jade. En fait, je crois que je n'accroche pas avec ce délayage à la première personne... Mais ce n'est que mon avis. J'ai envie de passer à quelque chose de plus dense. Et puis, j'ai envie de relire de la littérature - J'ai pensé racheter ( pour les relire!) Les Mémoires d'Outre-Tombe - qui ont brûlé ( avec le reste) dans l'incendie du garde-meubles, voilà dix ans déjà, et on compte encore les disparus - mais pour cela, il faut que j'invesetisse dans une édition correcte...
# Ai passé ma semaine à ranger la maison, en vue des visites qui se multiplient. On alterne les phases d'euphorie et de découragement. Le Capitaine Indigo me dit de tenir bon, et qu'il faut compter en moyenne huit à dix mois pour vendre une maison. Bigre! Une semaine de visites et je suis déjà épuisée, j'ai peur de ne jamais tenir le coup... En attendant, je passe de longues heures à farfouiller les annonces sur internet : cap sur l'arrière-pays, et je rêve, je rêve... mais pas de visite avant d'avoir vendu, ça porte malheur.
# Enfin, enfin, ENFIN vu The Artist, et je dois l'avouer, dans un état d'enchantement proche de la béatitude, d'un bout à l'autre. Mon seul pincement au coeur, le sort un peu injuste réservé à Bér@nic@ B@jo, que j'ai trouvée absolument extra, elle aussi. Mais bon, elle a décroché son C@s@r, c'est déjà ça!
Bon, j'avais dit que ce serait court, le service d'ordre se renforce, je dois m'esquiver. A +
Bilan #5 - Les heures blanches
Pas de message la semaine dernière, les jours ont filé plus vite que je ne l'aurais souhaité, pas le temps de s'arrêter, pas même pour un rapide bilan hebdomadaire vendredi dernier. C'est qu'il s'en est passé, des choses, cette semaine... D'abord, la fête d'anniversaire du Capitaine Indigo, les amis à réunir, et à nourrir... Deux journées en cuisine et en point d'orgue, une soirée douce entre nous tous, beaucoup de rires échangés, et les coupes de champagne qu'on ne cesse de lever, les projets des uns, les bonheurs des autres, et nous, unis, au centre. // Ensuite, la dernière étape "travaux" avant le jour J : cette fois, c'est notre chambre qu'il faut évacuer- Pour une semaine entière, on démonte le lit et on tire le matelas au centre du séjour ; cela plaît énormément à la chienne qui, avec ce matelas de 180 cm sur 210, trouve enfin un panier qui lui convienne. Je soupire un peu, mais il faut savoir lâcher du lest : c'est décidé, cette semaine, on campe à la maison, alors autant avoir les idées larges. Avec le peintre à la maison de longues heures durant, je tourne un peu en rond. la présence étrangère me déstabilise, et même si ce n'est pas le cas - la porte de la chambre où il travaille est refermée-, je me sens observée. J'ai hâte que ça finisse. //Avant-hier soir, enfin, le dernier coup de pinceau est passé sur les portes - Mais on restera dormir au salon car l'odeur de la peinture n'est pas supportable. Heureusement, le joli temps de cette fin de février permet d'ouvrir les fenêtres en grand: les odeurs fuient, le soleil entre...
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A part tout cela, au programme, ces derniers jours :
# Vu : Le Talentueux MrRipley- Saisissant! Melle Parme dit qu'elle en a encore la chair de poule. Mister Azur, pour sa part, a jugé que le film lui rappelait Match Point. Nous sommes tombés d'accord avec lui sur ce point. Le Capitaine Indigo a conclu en disant que la tension était très hitchcockienne. C'est vrai!
# Acheté : plein de livres. En vrac : L'armoire des robes oubliées, La vie d'une autre ( J'ai moyennement aimé La grand-mère de Jade, du même auteur, mais comme j'aimerais bien aller voir le film, je me suis laissé tenter), La liste de mes envies, et Avant d'aller dormir, que j'ai offert au Capitaine Indigo.
#Cuisiné: Pas mal de choses, très différentes, mais tout le monde a retenu la Banista de J@lie Andri@ux, et le vindaloo d'aubergines, trouvé dans le même livre. A part cela, une recette de ma grand-mère jurassienne, la soupe aux pois cassés, qui remporte toujours un franc succès chez nous, et des pâtes aux brocolis, recette inspirée par une amie sicilienne.
#Fait : Rendu au jardin ses habits de printemps en déshabillant les citronniers et le dipladénia de leur couverture d'hiver. Lavé la terrasse, taillé les branches mortes. Respiré le mimosa, qui vit ses heures de gloire et embaume - c'est une joie éphémère, il faut savoir en profiter lorsqu'elle se présente. // Marché de longues heures en bord de mer avec la chienne. Il fait ici un temps superbe, qui me réchauffe le coeur et m'incite à sortir.// Réglé différentes tâches administratives ennuyeuses mais incontournables et épaulé Mister Azur dans ses difficultés.
#Pensé : A la douceur de la vie, parfois.
Passe ton bac d'abord
J'ai longtemps traité avec un profond dédain ces parents qui considérent le bac de leur progéniture comme L'Evénement du siècle et qui en parlent comme si c'étaient eux qui passaient les épreuves. Je disais Pfff..., je disais N'im-por-te-quoi...! Et puis voilà que mon heure est arrivée: aujourd'hui, c'était le premier oral, les fameux TPE, Maths/Physique pour Mister Azur et ses deux camarades, une espèce de grande répétition générale de ce qui va suivre, mais quand même... Voilà, c'est fait. Pour eux trois, c'était le grand saut dans la cour des grands et pour moi, qui depuis quatre semaines supervise les opérations, organise les dimanches après-midi à la maison pour de vraies séances de travail ( ah, ces adolescents...) et console de la chose en cuisinant des cookies, fais passer les oraux aux trois compères réunis ( Tiens toi droit, ne te racle pas la gorge, oublie tes mains, concentre-toi, sois plus clair, reprend, recommence...), c'est un soulagement, le terme de cette épreuve - On va pouvoir désormais se concentrer sur autre chose - le reste. Souffler un peu aussi, mais pas trop puisque déjà se profilent l'histoire et le français....
Je n'étais pas très inquiète- Je sais que ces trois-là sont de brillants élèves et qu'ils traverseront l'épreuve-, mais il n'empêche, il y a toujours cette petite boule d'appréhension, l'idée cachée au fond de soi de l'imprévu, du grain de sable... Je comprends mieux les sus-nommés parents. Bien sûr, ce n'est pas moi qui ai passé l'épreuve - mais de coeur, j'y ai participé, comme toutes les familles qui je connais et qui, elles aussi, ont soutenu un adolescent aujourd'hui. Ce n'est pas grand-chose, le bac, ce n'est presque rien... Oui, évidemment... mais c'est pourtant une porte, une porte à ouvrir, une porte à choisir, et au fond de soi, on espère que ce soit la bonne, et qu'elle ouvrira sur le chemin rêvé.
L'hiver débute à peine
Il me semble que le bel hiver commence à peine. Bien sûr, nous avons eu le froid, le vent, et chose étrange ici, même la neige, mais l'hiver, le bel hiver, l'hiver de la Côte d'Azur si prisé et envié, il m'a semblé que c'était hier qu'il débutait vraiment. Jusqu'alors, nous avions eu ce très long automne aux accents de printemps, une saison encore chaude et exempte de pluie, qui tracassait la nature; tout s'était mis à reverdir. Puis nous avons eu, sans transition, cette déferlante du froid, un froid venu d'ailleurs, auquel on est peu accoutumé ici, qui nous a alternativement surpris, réjouis( oh, la neige, la belle neige...) et puis émus, contrariés, jusqu'à l'indignation finale ( Mais que vont-ils devenir, tous ces pauvres gens? Mais jusqu'à quand, toutes ces souffrances?). Focalisés que nous étions sur l'actualité,nous en avions oublié à quel point il sait être beau, majestueux, l'hiver, ici. Lhiver, ici, c'est la saison de la Lumière. Le paysage, soudain, éclate en jaune : soleil dardant, forêts de mimosas, jardins d'agrumes ; même l'air ambiant s'en trouve vitaminé.Alors hier, oui, j'ai pensé : Ca y est, l''hiver commence enfin.
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L'hiver , le jardin a besoin de nous. Aussi, hier après-midi, juste après le déjeuner afin de profiter au mieux du soleil, le Capitaine Indigo et moi avons-nous passé un long moment dehors. Pour le Capitaine Indigo, il s'agissait essentiellement de tailler la haie et d'arracher les lauriers devenus trop envahissants et qui n'autorisaient plus l'accès à la partie basse du terrain. De mon côté, j'ai taillé, nettoyé, notamment les plantes du bassin qui m'appelaient à l'aide depuis déjà quelques jours. Je pensais qu'elles avaient gelé, mais non, les dégâts sont superficiels. Il a suffit de tout couper, d'arracher les parties mortes ( hum, plonger ses mains dans l'eau glacée, même protégées de jolis gants M@p@, un délice...), pour que le bassin reprenne vie. Les poissons, alertés par tout ce raffut, ont mis un terme à leur sieste et se sont joints à mes activités aquatiques. Pour les récompenser, une fois le grand nettoyage terminé et la pompe remise en fonction, je les ai nourris, ce qu'on ne fait d'ordinaire pas en hiver, mais bon... Avec le froid qu'il fait, peu commun par chez nous, il faut bien entretenir leurs forces... D'ailleurs, ce matin, une couche de glace recouvrait encore la surface de l'eau. Après, tandis que le Capitaine Indigo continuait ses exploits armé du taille-haie, j'ai nettoyé les pots de céramique et les ai disposés sur l'espalier à la manière d'une guirlande colorée : même vides, c'est joli. Ils se tiennent prêts pour accueillir la verveine citronnée, le thym et le romarin, quelques tomates cerises et avant, les fraisiers parfumés. J'ai encore rempoté les primevères, bien tassé le terreau tout autour des racines, et disposé les pots et la suspension sous le porche d'entrée. Le rouge, le bleu, le jaune et le fushia explosent sous nos yeux. Nos travaux achevés, le Capitaine Indigo et moi sommes rentrés fourbus mais heureux - rares sont les moments qui nous comblent autant que ceux passés à l'extérieur.
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C'est l'hiver. Le mimosa est magnifique, plus mousseux que jamais. Le citronnier, prodigue, nous donne des fruits plus gros qu'une main.
C'est l'hiver, le merveilleux hiver. Aussi loin que porte le regard, on en prend plein la vue : ciel bleu limpide, mer irisée, collines encore saupoudrées de neige, sommets blancs immaculés. Lhiver commence enfin.
Bilan #4
Ce moment du "bilan" hebdomadaire a cela de bien qu'il m'oblige à me poser un instant, à prendre du recul sur la semaine écoulée, à me remémorer, aussi. Alors voyons...
# Ce que j'ai fait : J'ai revu une copine pas vue depuis longtemps, et cela m'a fait grand plaisir. Nous ne sommes pas parvenues à bavarder autant que nous l'aurions aimé - Il fallait bien parler aux autres aussi!- mais quand même, cela fait du bien de se retrouver "en complicité". C'est un sentiment que j'éprouve rarement depuis que je vis ici, ce qui est pour mo, au quotidien, i une grande frustration. Bref, cela n'a duré que quelques heures, mais cela m'a fait du bien d'échanger avec quelqu'un avec qui je me sentais en phase. // Le même soir, j'ai eu l'occasion d'interroger le Monde du Paraître et de constater une fois de plus à quel point je peux me sentir parfois étrangère de ceux qui m'entourent. Alors, évidemment, ça n'a pas manqué, et à table, je n'ai pas pu m'empêcher de lancer mon petit couplet sur ici, sur ailleurs, et sur tout ce qui va avec... C'était de la provocation, je l'avoue, et j'avoue qu'en plus, moi même, je n'y crois plus tant que ça. Il n'empêche. Au Royaume des Marques, les Ignares sont rois. Et parfois, ça m'énerve. Mais je sais qu'il y a aussi des gens qui cultivent leurs agrumes, qu'il y a aussi des gens qui vont au théâtre, qu'il y a aussi des gens qui n'écrasent pas leur prochain sous prétexte d'arriver le premier. Le problème, c'est que je les croise trop rarement - ou que les autres prennent toute la place, allez savoir.
# Ce que j'ai lu : Les deux tiers de Rien ne s'oppose à la nuit, décidément très émouvant. Bien meilleur, à mon sens que No & Moi ou même que Les heures souterraines.// Des pages et des pages de recettes, pour la soirée de vendredi prochain. On ne sera pas très nombreux mais j'ai envie de faire des choses que je n'ai jamais faites : ce soir, je teste la Banista bulgare ( recette trouvée ici). Ce sera un repas pris sur le pouce et à part la banista et les falafels ( j'attendais une occasion d'essayer cette recette!) , je crois que je vais donner à la soirée une tonalité anglo-saxonne : crab cakes, meatloaf, chicken pie. L'ensemble fera Street Food, non? Pour le dessert, un Chocolate Fudge cake. J'ai acheté plein d'ingrédients que je n'utilise jamais : de la sauce barbecue, du beurre de cacahuète, et pour accompagner les falafels, de la sauce tahina( Si, si, ça existe!). Mais malgré toute ma bonne volonté, et mes multiples déplacements, je n'ai trouvé nulle part, nulle part, les graines de nigelle ou le fenugrec... Je ne sais pas même à quoi ça ressemble! Qu'à cela ne tienne, sur la Banista, je saupoudrerai un peu de graines de pavot; quant au fenugrec, je ne me souviens déjà plus dans quelle recette il est utilisé. J'improviserai!
# Ce que j'ai écouté : Essentiellement des chansons que j'essaie de comprendre - Celles de Revolver, j'y arrive plutôt bien. Celles de Simone White, je m'améliore, mais ce n'est pas toujours ça. Celles de KT Tunstall, je me demande si je ne vais pas renoncer. Depuis avant-hier, je suis branchée sur la voix de Freddy Mercury et j'attrape maintenant presque tous les mots de Bohemian Rhapsodie ( et plus je l'écoute, plus je m'émeus et m'émerveille). L'idée, c'est de ne pas lire les paroles, évidemment. De seulement faire travailler de son oreille. Même si forcément, j'obtiens des textes tronqués.
# Ce que je n'ai pas aimé : Accompagner Melle Parme chez le dentiste pour un premier arrachage de dent saine, en vue d'un traitement d'orthodontie. La situation exacte dans laquelle je ne cesse de m'interroger sur mes choix. //Me retrouver à la porte de chez moi parce que le cylindre de la serrure s'est cassé et que ma clé est restée coincée dedans. Le serrurier appelé en urgence constate que non, la porte n'a pas été forcée. Il ajoute :"Vous n'avez pas de chance, c'est vraiment très très rare." Je soupire. C'est néanmoins le genre de chose qui m'arrive...
# Ce que j'ai aimé : Accompagner Mister Azur pour, avec lui, découvrir cette école. Faire, le soir même, en compagnie du Capitaine Indigo, un tas de plans sur la comète. Continuer depuis.
Chose promise...
... chose due. La journée n'est pas terminée, et si d'ordinaire j'écris le matin, une fois n'est pas coutume, je prends quelques minutes ce soir pour mettre un mot ici, puisque j'avais dit que je le ferais. Et pourtant je suis fatiguée... C'est qu'ils sont interminables, ces mercredis, même quand, comme moi, on "ne travaille pas". C'était d'ailleurs à peu près ce que je pensais déjà lorsque j'enseignais encore, et qu'on me parlait du fameux "temps de travail des enseignants" : les enseignants ( enfin, euh, la plupart...) le savent bien : il devient incommensurable, le temps qui n'est pas mesuré. C'est un peu pareil depuis que je n'enseigne plus. J'ai tellement plus de temps, donc tellement plus de choses à faire, de tâches dont je me dis que je serais indigne en ne les accomplissant pas ( comme écrire ici ce soir, par exemple!), de broutilles qui s'accumulent par milliers et que je suis désormais seule - à ce qu'il paraît- à pouvoir accomplir. Il faut du temps pour tout, et pour tout le monde. Alors oui, ce soir, je me sens exténuée. Deux allers-retours au collège, deux de plus au conservatoire, un saut chez le vétérinaire qui avait rempli la convention de stage de Melle Parme mais omis le coup de tampon ( grrr...), un autre jusqu'au relais-colis, un troisième jusqu'à la boulangerie, une panière de linge propre et repassé, une autre de linge propre et étendu, une relecture-correction-réécriture de rédaction en compagnie de Melle Parme - autour d'un thé, ça, finalement, c'était plutôt un bon moment, Melle Parme écrit bien, elle ne manque pas d'idée, lire ses travaux m'attendrit ou me fait rire - Et puis, j'ai (enfin) attaqué le rangement du dressing ( opération maison impeccable) et j'ai même rempli le réservoir de ma voiture- à défaut du réfrigérateur. Cerise sur le gâteau: il y a eu du temps pour moi, en plus du temps donné aux autres : une séance d'anglais bouclée ce matin et une demi-heure (entre huit et neuf, mais quand même...) pour une marche rapide en bord de mer. Et puis encore, luxe suprême, un quart d'heure, ce soir, pour un bain chaud...
C'est la course, mes journées sont minutées, mais chaque soir, je vais me coucher heureuse de ma vie - Je n'en voudrais pas d'autre. Je radote, je sais. Mais c'est pourtant ça, avoir Les idées bleues : se sentir à sa place, satisfait, et comblé(e). D'aucuns me diront qu'ils ne voient pas ce qu'il y a d'excitant dans une journée comme la mienne : les gosses, le ménage, le repassage... C'est peut-être seulement qu'ils ne voient pas les choses comme moi je les vois. Loin d'être ingrates, ces tâches me maintiennent libre (alors oui, peut-être que je repasse, mais le faisant, j'écoute la radio, cette émission intelligente qui me surprend à chaque fois, ou bien encore je me saoule de cette chanson de Simone White que je remets en boucle, bien décidée désormais à comprendre tous les mots des chansons anglo-saxonnes....).
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PS: Je m'aperçois à la fin de ce billet que je voulais parler de la femme qui, pour lutter contre le froid, s'est réfugiée avec son enfant dans la cabine téléphonique et je m'en veux, parce que je ne l'ai pas fait. La misère qui se révèle nous prend de court. Je ne crois pas, cependant, que ce soit là une raison suffisante pour l'ignorer.
Journée citoyenne
Le téléphone aura sonné trois fois, sur les deux portables et sur le "fixe": on nous avertit des précautions à prendre - Par ces temps de disette énergétique, il faut savoir se serrer la ceinture. Je pense avoir la fibre citoyenne, et me sentir concernée, plus souvent qu'à mon tour, par le sort de mon prochain - je crois aussi à l'effort collectif. Bref, dès midi, je m'organise afin de n'avoir pas à utiliser d'appareils énergivores après seize heures, je coupe les radiateurs et rentre deux sacs de bûches, je débranche toutes les prises. A dix-huit heures, malgré le feu de cheminée, la maison commence à fraîchir. J'ai fermé les volets et tiré les rideaux. J'explique à Melle Parme que, pour ce soir, on limitera les éclairages, et ensemble, nous allumons des bougies que nous disposons dans différents recoins des pièces principales. Par précaution, je l'engage à se munir d'une lampe de poche - ravie, elle extrait d'un tiroir la lampe frontale qu'elle utilisait chez les scouts et s'enferme dans la salle de bain, l'élastique sur le front : on ne sait jamais! Mais voilà qu'il est presque dix-neuf heures et que je dois aller chercher Mister Azur qui m'attend à l'arrêt de bus. Je sors de chez moi, m'engouffre dans la voiture, et je grogne : les réverbères de la résidence sont tous allumés. Je prends la route, direction le centre-ville, et je n'en crois pas mes yeux : notre maire, qui nous a recommandé à onze heures du matin, de limiter notre consommation d'énergie, n'a pas jugé bon de faire couper l'éclairage municipal. Partout, même dans les ruelles les moins empruntées, ça scintille. En ville, toutes les vitrines, toutes les enseignes, sont éclairées. Je récupère Mister Azur à l'arrêt de bus, il fait froid, nous rentrons à la hâte. Et la première chose que je fais, c'est d'allumer les radiateurs, le poste de radio et la plaque à induction. Et dire qu'on allait manger froid! Changement de programme, j'improvise des spaghetti à la bolognaise - Non mais, de qui se moque-t-on?
Bilan # 3
La semaine a défilé à une allure folle, et à considérer le programme (imposé) du week-end, peu de chance que ça s'améliore ( le samedi nous verra sur le pont dès huit heures du matin, puisque c'est bac blanc d'histoire-géo pour Mister Azur, suivi rapidement d'une séance d'orthodontie pour Melle Parme, suivie par la journée portes ouvertes d'une école d'ingénieurs, suivie par... ouf, une pause, une soirée sympa avec des copains, il faut bien avoir quelques perspectives pour garder le cap... Espérons qu'il ne pleuvra pas dimanche et que nous aurons au moins une heure ou deux pour une balade en forêt : j'en ai besoin...). Donc, cette semaine, à part la neige, la grève, et le nez qui coule... ?
# Ce que j'ai lu : Rien, rien, rien, malheur... Je me suis écroulée tous les soirs morte de fatigue, et surtout écrasée par une de ces vilaines migraines qui m'a tenue trois jours avant de me laisser en paix. Quand cela m'arrive je ne peux plus lire. J'ai quand même démarré le De Vigan, je le lis avec un petit pincement au coeur, je savais avant de l'ouvrir que le livre me toucherait - J'ai d'ailleurs longtemps hésité à l'acheter, ne l'ai pas fait, et voilà qu'une amie me le prête, je ne peux plus me dérober. J'ai entendu je ne sais plus où ( A la radio, probablement) que Les heures souterraines allaient être adaptées au cinéma. Ca m'étonnerait que j'aille voir le film, j'ai toujours peur d'être déçue quand j'ai aimé le livre. Je n'irai donc pas voir Vents Contraires. En revanche, j'ai emprunté à la médiathèque L'homme qui voulait vivre sa vie (Sans doute parce que je n'ai pas tellement aimé le livre).
# Ce que j'ai vu : Pas de cinéma cette semaine, Mister Azur étant accaparé par ses obligations pré-bac ( trois épreuves en classe de première, c'est déjà un gros morceau à avaler, non?). On a donc encore raté The Artist...// Une séance DVD néanmoins - comme chaque dimanche- un film vu en famille : Mon père est une femme de ménage, avec François Cluzet. Mignon. Sans plus. Mister Azur a dit quelque chose comme : "C'était distrayant". Même les enfants parviennent aujourd'hui à distinguer un grand film d'un petit, un beau film d'un moyen : chez nous, on a préféré Le fils de l'épicier à Narnia, Away we go aux Chtis, et d'après Mister Azur, Rebecca d'Hitchcock est le film qui l'a le plus marqué cette année.
# Ce que j'ai fait : Essentiellement, le taxi, cette semaine. Pas une seule journée ne m'aura épargnée, chacune apportant son lot de surprises et de changement // A part cela, un peu de cuisine, toujours des choses simples, de la cuisine pour le quotidien, sans sophistication, de la cuisine familiale, au bon sens du terme, celle qui se veut conviviale mais soignée, bref, celle que je préfère - hier, des crêpes évidemment, mais aussi un potage Dubarry, une vraie purée de carottes pour contrer Melle Parme qui, chez P@c@rd, avait désigné un sachet de palets surgelés, avec une pointe de cumin et une touche de persil, une belle tarte aux poireaux pas entièrement engloutie à ce jour, et pour le reste je ne sais plus. Si, bien sûr, mes desserts au citron de mardi et les nouilles chinoises, mais ça j'en ai déjà parlé. // une séance chez le coiffeur : au moment du brushing, la dame me fait de jolies boucles. C'est joli, c'est curieux - mais pas de panique, ça ne tiendra pas. Au retour, Le Capitaine Indigo se marre, me dit : Hum, ça change... De son côté, Mister Azur se marre aussi ne dit rien. Il n'y a que Melle Parme pour me dire : oh, t'es belle, Maman... Pas le courage de me relaver la tête : j'ai pris une barrette et attaché le tout : exit les jolies boucles... // Baissé tous les radiateurs et coupé les appareils inutiles, de crainte que mes amis Bretons ne manquent de chauffage. Mon petit effort citoyen de la semaine. Depuis, je me gèle. // J'ai voulu réserver deux places pour Ô les beaux jours, qui passe ici. Trop tard, c'était complet. Tant pis...//
# Ce que j'ai fait, mais pas seule: Ca y est, nous avons franchi le pas. Tout autour de nous, ce sont des clameurs qui s'inquiètent :"Mais êtes-vous bien sûrs de vous? N'est-ce pas un peu risqué?" Nous en avons parlé avec les enfants, pesé le pour et le contre, et les avons interrogés sur ce qu'ils en pensent. Ils sont en âge d'avoir un avis, cette décision, après tout, les concerne au premier chef. Réunion familiale. Conclusion: quand on cesse d'avancer, on recule, n'est-ce pas? Il faut savoir aller de l'avant, prendre une décision, s'y tenir. A suivre...
# Ce que j'ai pensé : Hier, comme presque tous les jours, je me suis trouvée heureuse de la vie que je mène. Heureuse, surtout, de ne plus être prof. J'y pense très souvent, en ce moment, et souvent je culpabilise, un peu comme si, cette vie, je ne la méritais pas. Le capitaine Indigo me répète que le problème est dans ma tête ( S'il n'y en avait qu'un!). Mais hier, vraiment, j'ai trouvé que c'était bien, de pouvoir aller chercher Melle Parme au collège à quinze heures, de rentrer avec elle et de faire des crêpes pour les servir, encore fumantes, au retour de Mister Azur, de m'asseoir à côté d'eux deux réunis,avec une tasse de thé, et d'avoir du temps pour se parler. J'ai du temps. Assez peu pour moi, il est vrai, mais beaucoup plus qu'avant néanmoins, et tellement pour ceux /ce que j'aime. Je trouve que j'ai de la chance. C'est peut-être pour cela que je culpabilise.
Une journée jaune citron
Hier, journée improvisée. Dès huit heures, il faut s'organiser - Sans le savoir, le Capitaine Indigo et moi, qui partons dans deux directions opposées, nous nous mettons au service d'un ramassage scolaire qui se met en place au pied levé. Aucun bus chez nous, ni bus de ville, ni transport scolaire. Les jeunes s'agglutinent sur les trottoirs, dans le meilleur des cas à trois sous un parapluie - pas d'abri-bus non plus au pays du soleil... Ceux qui, un peu plus chanceux que les autres, trouvent une place dans nos voitures, nous remercient trois fois pendant le trajet. A partir de dix heures, c'est pire : des sms nous informent de la fermeture des écoles. Toujours pas de bus. il faut encore s'organiser, dans le sens inverse cettte fois. A midi, tout le monde est rentré ( Chez nous en tout cas). On dresse une table pour quatre, ce qui n'arrive pas si souvent en semaine, et on se réjouit de la présence inopinée du Capitaine Indigo, encore réquisitionné pour l'occasion : il paraît qu'il y a alerte météo. Nous haussons les épaules ( ou les sourcils, je ne sais plus) : dehors, il pleut, c'est vrai, et les températures avoisinnent zéro, c'est vrai aussi, mais tout ceci n'est-il pas un peu ...démesuré? A quatorze heures, dernier sms : le conservatoire annule tous les cours de la journée. Cette fois, c'est sûr, nous avons quartier libre.
J'en profite, puisque j'ai du temps, pour faire deux tentatives - Un moelleux au citron à base de Lemon Curd ( Hum... Trop bon, selon Melle Parme...) , puis les fameux carrés au citron d'Un goûter à New-York, déjà testés par Emmanuelle ( Ca alors, une fois de plus, nous avons les mêmes livres... ;-) ) - Pas mal non plus ... Tout cela fait tant de gâteaux que vers seize heures trente, je sonne chez mes voisins, une assiette pleine et encore fumante. Ils sont contents, moi aussi, tout va bien. Ne reste plus qu'à préparer un peu de salé, pour le repas du soir : des nouilles chinoises sautées - courgettes, champignons, ail, oignon et petits dés de dinde, le tout copieusement arrosé de sauce soja. La chienne tourne en rond : toutes ces odeurs, ça la titille.
Et puis le soir tombe, et la neige aussi, enfin. En quelques minutes, elle recouvre tout, et forme vite un épais tapis dans lequel la chienne se roule de bonheur. Je rappelle les enfants qui venaient de rejoindre leurs chambres : Ouvrez vite vos volets ! Regardez, ça y est, il neige! Le capitaine Indigo sort avec moi et éclaire la terrasse, les arbres du jardin, le bassin, l'olivier. Mais ce qui attire notre regard, c'est le mimosa, qui dans la nuit déjà franche explose en jaune citron au milieu de tout ce blanc.
C'était une journée... inattendue. Une journée belle et douce. Une journée jaune citron. Je la regrette déjà.
